La dénomination Via Domitia n’est attestée dans l’Antiquité que pour le tronçon entre le Rhône et les Pyrénées, même s’il est probable qu’entre le Rhône et la frontière de la Narbonnaise (vers Chorges[pas clair], près de l’actuel lac de Serre-Ponçon), la voie était aussi appelée Via Domitia. On sait que la partie allant de Gap (Vapincum) à Suse (Segusium) à travers la province des Alpes cottiennes était appelée Via Cottia per Alpem.
Cet itinéraire entre l’Italie et l’Hispanie avait une variante importante par le littoral ; mais le passage par le col de Montgenèvre a longtemps été plus sûr et plus rapide[1], jusqu’à la construction sous le règne d’Auguste de la Via Julia Augusta (par Vintimille), prolongement vers la Narbonnaise de la Via Aurelia.
Première route construite par les Romains en Gaule, elle est créée à la suite de la conquête, achevée vers -120, de sa partie sud-est, qui va devenir la province romaine de Gaule narbonnaise. La construction commence dès 118 av. J.-C. à l’instigation du proconsul Cneus Domitius Ahenobarbus, dont elle porte le nom.
Cette route doit assurer les communications avec Rome et permettre la circulation des troupes affectées à la nouvelle province. Il s’agit aussi de rendre cohérent le réseau des voies existantes[2], en reliant le réseau des voies italiennes partant de Rome à celles d’Hispanie, où les Romains sont implantés depuis plusieurs décennies.
Une ville à statut de colonie romaine (c’est-à-dire que ses citoyens sont citoyens romains de plein droit[3]) est créée sur son parcours, Narbo Martius (Narbonne), qui devient la ville la plus importante du sud de la Gaule.
L’itinéraire de l’Anonyme de Bordeaux passe dans la région et suggère un passage par ce site.[

